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Comment lire l'étiquette d'un complément de ginkgo

Une bonne étiquette de ginkgo vous dit trois choses : quelle partie de la plante a été utilisée, comment elle a été extraite, et quelle quantité des composés qui comptent est réellement présente.

  • 7 min de lecture

Une bonne étiquette de ginkgo vous dit trois choses : quelle partie de la plante a été utilisée, comment elle a été extraite, et quelle quantité des composés qui comptent est réellement présente. Si l'étiquette mentionne seulement « ginkgo » et un nombre de milligrammes, elle ne vous apprend presque rien. La plupart des produits du marché utilisent un extrait de feuille de ginkgo, et c'est là que la lecture doit être la plus attentive — car deux flacons portant « 120 mg d'extrait de ginkgo » peuvent contenir des quantités très différentes des mêmes molécules.

Autant le savoir tout de suite : même quand l'étiquette est bonne, les preuves que le ginkgo aide la mémoire ou la concentration chez l'adulte en bonne santé ne sont pas concluantes. Nous y revenons plus bas, avec ce que l'on sait et ce que l'on ignore. D'abord, l'étiquette.

Extrait standardisé : ce que le mot veut dire et ce qu'il cache

« Standardisé » signifie que le fabricant s'est engagé à ce que l'extrait contienne un pourcentage minimal ou une fourchette définie d'un ou deux groupes de composés — le plus souvent les flavonoïdes (flavone glycosides) et les lactones terpéniques. C'est une promesse de régularité entre les lots, pas une promesse de qualité absolue. L'étiquette peut par exemple indiquer « extrait standardisé à 24 % de flavonoïdes », et c'est une information utile.

Le problème, c'est que « standardisé » ne correspond pas à une norme unique. Une analyse de produits de ginkgo vendus aux États-Unis en 2002 a trouvé des flavonoïdes entre 24 % et 36 % et des lactones terpéniques entre 4 % et 11 % de l'extrait. Autrement dit : tous pouvaient s'appeler standardisés, mais ce n'était pas la même chose. La même analyse a constaté que beaucoup de produits citant la monographie de la Commission E allemande ne respectaient pas la spécification de cette monographie — flavonoïdes entre 22 % et 27 %, lactones entre 5 % et 7 % — et ne pouvaient donc pas être considérés comme pharmaceutiquement équivalents entre eux. Citer la Commission E sur l'étiquette ne garantit donc pas que le produit la respecte.

Ces données datent de 2002 et concernent des marques américaines. Elles ne décrivent peut-être pas les produits européens actuels, et rien ici ne garantit que la situation ait évolué dans un sens ou dans l'autre. Ce qui tient, c'est le principe : si l'étiquette n'indique pas le pourcentage de flavonoïdes et de lactones, vous ne savez pas ce que vous achetez.

Ce qui doit figurer sur l'étiquette — et ce que son absence signifie

Commencez par la liste des ingrédients. On doit y lire « extrait de feuille de Ginkgo biloba » ou un équivalent, avec la partie de la plante identifiée. La feuille est la forme habituelle du complément. Si l'étiquette parle de graines, arrêtez-vous : les graines fraîches de ginkgo sont toxiques lorsqu'elles sont ingérées, et des effets indésirables graves ont déjà été décrits avec des graines grillées ou avec la plante crue.

Cherchez ensuite trois chiffres. S'il en manque un, considérez-le comme une lacune, pas comme un détail :

  • Pourcentage de flavonoïdes dans l'extrait. Sans cela, vous ignorez à quelle famille de composés le fabricant s'est engagé.
  • Pourcentage de lactones terpéniques. C'est le second groupe que les étiquettes sérieuses indiquent.
  • Acides ginkgoliques, exprimés en ppm ou en concentration maximale. C'est la partie que beaucoup de gens ignorent et qui varie le plus. L'analyse de 2002 a trouvé des valeurs allant de moins de 500 ppm jusqu'à environ 90 000 ppm selon les produits. Deux ordres de grandeur d'écart pour le même type de composé.

La quantité totale d'extrait — les fameux « 120 mg » — n'a de sens qu'une fois connue la concentration des composés qui comptent. Soixante milligrammes d'un extrait bien caractérisé peuvent valoir plus que deux cents d'un extrait mal défini. Le gros chiffre sur la boîte est le moins informatif de tous.

Il reste une question pratique : la vitesse à laquelle le comprimé ou la gélule se dissout. La même analyse a testé la dissolution et constaté que la plupart des produits libéraient plus de 75 % des composants actifs en 30 minutes, mais que plusieurs se dissolvaient nettement moins bien. Cela ne se lit pas sur l'étiquette. C'est le genre de chose que seuls des tests indépendants révèlent, et c'est une bonne raison de se méfier de ceux qui promettent des résultats sans les montrer.

Les preuves : ce que le ginkgo fait et ne fait pas, au vu des connaissances actuelles

Ici, l'honnêteté est inconfortable, mais c'est tout ce que nous avons. Le NCCIH, institut américain qui évalue ces questions, affirme qu'aucune preuve concluante n'établit que le ginkgo aide dans quelque affection de santé que ce soit, et qu'il n'est pas certain qu'il améliore les performances cognitives chez l'adulte en bonne santé — une grande partie des recherches est de faible qualité.

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Une revue systématique de 15 essais randomisés portant sur des extraits standardisés de ginkgo chez des personnes en bonne santé de moins de 60 ans n'a pas trouvé de preuve convaincante d'un effet positif solide sur un aspect quelconque de la fonction cognitive. Plusieurs de ces études présentaient des faiblesses méthodologiques. La revue est ancienne et n'intègre pas d'essais plus récents ; nous ne savons pas si ses résultats tiendraient aujourd'hui. Mais ce que nous avons ne soutient pas l'idée que le ginkgo améliore la mémoire ou la concentration chez une personne en bonne santé.

Cela ne veut pas dire que l'extrait soit inutile à tout. Cela veut dire que, pour l'usage que la plupart des gens ont en tête en achetant un complément de ginkgo — la concentration, la mémoire, la clarté mentale — les données sont au mieux préliminaires, et non établies. Si vous cherchez un produit pour cette raison, achetez-le avec cette attente-là, et non avec l'attente inverse.

Sécurité : ce que l'étiquette devrait aussi dire

L'extrait de feuille est probablement sûr pour la plupart des adultes à des quantités orales modérées. Les effets secondaires les plus fréquents sont les vertiges, les symptômes gastro-intestinaux et les maux de tête. Voilà ce que l'on sait ; le reste — interactions avec les médicaments, situations particulières — n'est pas couvert ici et doit être demandé à un professionnel de santé.

Si vous êtes enceinte ou allaitante, si vous prenez des médicaments, si vous avez une maladie diagnostiquée ou si vous comptez donner le produit à un enfant, parlez-en à un médecin ou à un pharmacien avant d'acheter. Aucune étiquette ne remplace cette conversation, et aucun article non plus.

Un exemple concret de lecture

Les Gummies pour la concentration de TuttiBear indiquent, pour deux gommes, 120 mg d'extrait de ginkgo, entre autres ingrédients. Ce que l'étiquette vous permet de vérifier, c'est la quantité d'extrait ; ce qu'elle ne dit pas, et qui ferait la différence, c'est le pourcentage de flavonoïdes et de lactones ainsi que la teneur en acides ginkgoliques. Si vous comparez des produits, appliquez ce critère à tous, y compris à celui-ci : une étiquette qui ne montre pas la caractérisation de l'extrait vous demande un acte de foi.

Les mêmes gommes contiennent 200 mg d'extrait de champignon crinière de lion, 150 mg d'extrait de bacopa, 100 mg de L-théanine, 100 mg de citicoline, de la vitamine B12 et de la vitamine B6. La posologie est de mâcher deux gommes par jour, de préférence après un repas, sans dépasser la dose journalière recommandée. Le produit est destiné aux adultes et ne doit pas être consommé par les enfants. Il est déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes. Il contient des polyols ; une consommation excessive peut avoir des effets laxatifs. Comme tout complément alimentaire, il ne remplace pas une alimentation variée et équilibrée ni un mode de vie sain.

Remarquez ce qui vient de se passer : l'étiquette vous a donné la quantité de chaque extrait et les avertissements, mais pas la composition interne de l'extrait de ginkgo. C'est exactement la même lacune que vous trouveriez sur beaucoup d'autres flacons. La différence, c'est que vous savez désormais qu'elle existe.

Ce qu'il faut faire ensuite

Prenez le flacon que vous avez chez vous, ou celui que vous envisagez d'acheter, et posez trois questions. La partie de la plante est-elle identifiée ? Les pourcentages de flavonoïdes et de lactones terpéniques figurent-ils sur l'étiquette ? La teneur en acides ginkgoliques est-elle indiquée ? Si la réponse est non à l'une d'elles, il vous manque une information — et la décision d'acheter doit se prendre en le sachant, pas malgré cela.

Et si votre objectif est la concentration ou la mémoire, sachez que le ginkgo n'est pas une solution établie pour cela. La recherche en est à ses débuts et n'est pas concluante. Une étiquette bien lue vous évite de dépenser inutilement ; elle ne transforme pas les preuves en ce que nous aimerions qu'elles soient.

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