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Ginkgo : effets secondaires et contre-indications

Pour la grande majorité des adultes en bonne santé, le ginkgo est bien toléré aux quantités utilisées dans les compléments alimentaires, sur des durées limitées. Les essais cliniques ne montrent pas de signal de sécurité inquiétant.

  • 10 min de lecture

Pour la grande majorité des adultes en bonne santé, le ginkgo est bien toléré aux quantités utilisées dans les compléments alimentaires, sur des durées limitées. Les essais cliniques ne montrent pas de signal de sécurité inquiétant. Il peut toutefois faire du mal dans trois situations précises : en cas d'interaction avec un médicament, notamment un anticoagulant ou un antiagrégant plaquettaire ; en cas de surdosage ou de prise prolongée sans réévaluation ; et chez les personnes pour lesquelles on manque de données, comme les femmes enceintes ou allaitantes et les enfants.

Autrement dit : ce n'est pas dangereux pour tout le monde, mais ce n'est pas anodin pour tout le monde non plus. Ce qui tranche, c'est votre état de santé, votre traitement en cours et la dose. La suite détaille les effets indésirables décrits dans la littérature, les personnes qui doivent demander un avis avant de commencer, et les signaux qui imposent d'arrêter.

Quels effets secondaires le ginkgo provoque-t-il vraiment ?

Dans les essais randomisés menés avec un extrait standardisé de ginkgo (le plus souvent l'EGb 761), la fréquence des effets indésirables s'est révélée comparable à celle du placebo. Une méta-analyse de quatre essais contrôlés contre placebo, portant sur 782 patients atteints de démence légère, n'a pas trouvé de différence entre le groupe recevant 240 mg par jour d'EGb 761 et le groupe placebo. Une méta-analyse antérieure, regroupant neuf essais et 2 561 patients présentant un déficit cognitif ou une démence, sur des durées de 22 à 26 semaines, n'a pas fait apparaître de signal de sécurité préoccupant.

Cela ne veut pas dire que personne ne ressent rien. Les troubles les plus souvent cités sont des gênes digestives, des maux de tête, des vertiges et des palpitations. Ils sont en général légers et passagers. Une revue consacrée aux indications, aux mécanismes et à la sécurité du ginkgo mentionne aussi des interactions possibles avec les inhibiteurs de la monoamine oxydase, l'alprazolam, l'halopéridol, la warfarine et la nifédipine. La même revue souligne que la dose optimale, la durée optimale, la relation dose-réponse et les effets à long terme restent mal établis.

Si l'un de ces symptômes apparaît, inutile de paniquer. Arrêtez la prise un jour ou deux et regardez ce qui se passe. Les symptômes disparaissent ? Vous pouvez retenter à dose plus faible. Ils persistent, ou ils sont intenses ? Parlez-en à un pharmacien ou à un médecin. Les maux de tête forts et durables méritent une attention particulière : ils ne sont pas dangereux en eux-mêmes, mais ils peuvent signaler que le ginkgo joue sur votre tension artérielle ou interagit avec un autre médicament.

Qui doit demander un avis médical avant d'en prendre ?

Certaines situations imposent la prudence avant la curiosité. Dans chacune d'elles, la recommandation est identique : demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant de commencer.

  • Les personnes sous anticoagulant ou antiagrégant plaquettaire, par exemple warfarine, aspirine ou clopidogrel. Le ginkgo figure parmi les produits d'origine végétale associés à des interactions avec la warfarine, avec un risque hémorragique accru.
  • Les femmes enceintes ou allaitantes. Aucun essai clinique ne permet d'établir une sécurité dans ces situations : la décision revient à un professionnel de santé.
  • Les enfants et les adolescents. Les données manquent pour recommander du ginkgo avant 18 ans. Les Gummies pour la concentration sont par exemple réservées aux adultes et ne doivent pas être consommées par des enfants.
  • Les personnes qui vont être opérées. En raison de l'effet potentiel sur la coagulation, il faut prévenir le médecin et l'équipe chirurgicale que vous prenez du ginkgo.
  • Les personnes atteintes d'une maladie chronique ou sous traitement régulier (diabète, hypertension, épilepsie, trouble psychiatrique). Une évaluation individuelle est indispensable.

D'autres cas appellent la même retenue. Un trouble hémorragique, comme l'hémophilie, ou une dialyse : pas de ginkgo sans suivi médical. L'épilepsie aussi, car des observations suggèrent que le ginkgo pourrait augmenter le risque de crises. Et si une intervention chirurgicale est programmée, prévenez l'équipe : beaucoup de professionnels conseillent d'arrêter la prise au moins deux semaines avant, par précaution.

Avec quels médicaments le risque est-il le plus réel ?

L'interaction la mieux documentée concerne les anticoagulants et les antiagrégants plaquettaires. Une revue systématique des interactions entre la warfarine et les aliments, plantes ou compléments a classé le ginkgo parmi les produits associés à un risque hémorragique augmenté, avec des saignements mineurs comme des événements plus graves. Si vous prenez l'un de ces traitements, ne commencez pas le ginkgo de votre propre initiative.

La revue de sécurité cite également des interactions possibles avec les inhibiteurs de la monoamine oxydase, l'alprazolam, l'halopéridol et la nifédipine. Toutes ne sont pas finement caractérisées, loin de là. Ce que cela signifie concrètement : des cas ont été rapportés, et l'évaluation doit se faire au cas par cas. La règle pratique tient en une phrase. Vous avez un traitement au long cours ? Emportez la boîte du complément chez votre pharmacien avant de l'intégrer à votre routine.

Le ginkgo a-t-il une évidence scientifique ? Ce que les études ont réellement mesuré

Une bonne partie de la recherche sur le ginkgo a été conduite chez des personnes malades, et l'on ne peut pas transposer ces résultats à un adulte en bonne santé. Le point mérite d'être posé clairement, parce qu'il nourrit beaucoup de malentendus.

  • Chez des patients atteints de démence légère, la méta-analyse de quatre essais (782 participants) a jugé 240 mg par jour d'EGb 761 supérieurs au placebo sur la cognition, l'évaluation globale, les activités de la vie quotidienne et la qualité de vie, avec une fréquence d'effets indésirables comparable au placebo.
  • Chez des patients présentant un déficit cognitif ou une démence, la méta-analyse de neuf essais (2 561 patients) a trouvé des bénéfices qui, à l'analyse, étaient surtout associés à 240 mg par jour d'EGb 761.
  • Chez des patients atteints d'angor instable, une méta-analyse en réseau a évalué différentes préparations d'extrait de ginkgo comme complément au traitement conventionnel.
  • Chez des patients diabétiques de type 2, une méta-analyse de 13 études (1 573 participants) a examiné des paramètres hémorhéologiques, le profil lipidique et le contrôle glycémique, sans trouver de différence constante sur les marqueurs du contrôle glycémique ni sur le profil lipidique.

Ces travaux ne disent pas que le ginkgo prévient ou traite ces maladies. Ils décrivent ce qui a été observé dans ces populations précises, souvent en plus d'un traitement conventionnel. Pour un adulte en bonne santé qui cherche un complément, la base de preuves est nettement plus fragile.

Ginkgo et saignements : ce qu'on sait, ce qu'on ignore

Le ginkgo exerce un effet antiplaquettaire attribué aux flavanones et aux lactones terpéniques. En pratique, cela peut allonger le temps de coagulation, ce qui compte surtout si vous prenez déjà un traitement fluidifiant le sang. La revue sur les interactions avec la warfarine place le ginkgo parmi les produits à surveiller, avec des saignements mineurs rapportés (purpura, gingivorragies) et des événements plus sérieux.

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Des bleus qui apparaissent sans raison, des saignements de nez fréquents, du sang dans les selles ou toute hémorragie inhabituelle : arrêtez la prise et demandez un avis médical. Ce n'est pas un motif de panique, c'est un motif de ne pas laisser traîner.

« Trop », ça veut dire quoi au juste ?

Dans les essais sur la démence, les bénéfices observés étaient associés à 240 mg par jour d'extrait standardisé EGb 761. Ailleurs, les doses étudiées vont de 80 à 720 mg par jour, sur des durées de deux semaines à deux ans. Ce sont des doses de recherche, pas des consignes de prise.

Il n'existe pas, pour le ginkgo, de seuil de sécurité officiel au-delà duquel on basculerait d'un coup dans le danger. La limite pratique est celle du produit que vous avez en main : la dose indiquée sur l'étiquette. Ne la dépassez pas en espérant plus d'effet. Augmenter la dose n'augmente pas forcément le bénéfice, et la revue de sécurité rappelle que la relation dose-réponse reste mal caractérisée. Une prise prolongée sans réévaluation mérite aussi d'être questionnée, plutôt que reconduite par habitude.

Pour situer les ordres de grandeur : les Gummies pour la concentration apportent 120 mg d'extrait de ginkgo par portion de 2 gommes, dans un flacon de 60 gommes, avec la consigne de mâcher 2 gommes par jour, de préférence après un repas. C'est moins que la dose d'EGb 761 utilisée dans les essais sur la démence. Rien d'anormal : il s'agit d'un complément alimentaire, pas d'un médicament, et l'extrait d'un complément n'est pas nécessairement le même extrait standardisé que celui étudié.

Ce que change le format gomme

Une gomme se mâche, se garde à portée de main, et se prend facilement sans y penser. D'où deux points de vigilance propres au format.

Le premier est le risque de prise accidentelle chez l'enfant. Rangez le flacon hors de portée des plus jeunes, sans exception. En cas d'ingestion par un enfant, n'attendez pas pour voir venir : contactez votre médecin, votre pharmacien ou un centre antipoison.

Le second concerne la composition et la mastication. Les Gummies pour la concentration contiennent des polyols (maltitol) et une consommation excessive peut avoir un effet laxatif. Le produit est destiné aux adultes, ne doit pas être consommé par les enfants, est déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes, et en cas de maladie ou de prise de médicaments il faut consulter un professionnel de santé avant consommation. Mâcher une gomme laisse par ailleurs sucres ou édulcorants au contact des dents : une bonne hygiène bucco-dentaire reste utile. Pour le détail de la composition, vérifiez l'étiquette.

Les idées reçues qui circulent sur le ginkgo

« C'est naturel, donc c'est toujours sûr. » Faux. Le ginkgo a des effets biologiques réels, dont un effet antiplaquettaire, et c'est précisément pour cette raison qu'il peut interagir avec des médicaments.

« Si je ne ressens rien, je peux doubler la dose. » Non. Une dose plus élevée n'apporte pas nécessairement plus de bénéfice et peut augmenter le risque d'effets indésirables.

« Le ginkgo n'interagit avec rien. » Il interagit, au minimum avec les anticoagulants et les antiagrégants, et des interactions avec d'autres médicaments sont rapportées.

« Utilisé depuis des siècles, donc la sécurité est prouvée. » L'usage traditionnel est un point de départ, pas une preuve de sécurité. L'évaluation du risque repose sur des essais et sur la pharmacovigilance, et c'est là que l'information reste incomplète.

Quels signaux imposent d'arrêter et de consulter ?

La plupart des effets indésirables sont légers et s'apaisent quand on réduit ou interrompt la prise. Certains signes, en revanche, justifient un contact médical sans attendre :

  • Une hémorragie inhabituelle : bleus sans cause, saignements de nez fréquents, sang dans les selles ou les urines.
  • Une réaction allergique : gonflement du visage, des lèvres ou de la langue, difficulté à respirer, éruption cutanée étendue.
  • Des symptômes neurologiques : convulsions, perte de connaissance, confusion soudaine.
  • Des symptômes cardiovasculaires : palpitations persistantes, douleur thoracique, vertiges intenses.

Devant l'un de ces signes, arrêtez le ginkgo et faites-vous prendre en charge. N'essayez pas de déterminer seul, chez vous, si le symptôme est lié ou non au complément.

Ce que personne ne sait encore

Trois zones d'ombre méritent d'être nommées plutôt que contournées. La relation dose-réponse n'est pas établie. Les effets d'une prise au très long cours sont mal documentés. Et la sécurité chez la femme enceinte, chez la femme allaitante et chez l'enfant repose sur une absence de données plutôt que sur des données rassurantes — ce n'est pas la même chose, et cela suffit à justifier un avis professionnel.

Alors, le ginkgo fait-il du mal ?

Pour la plupart des adultes en bonne santé, sans traitement pertinent et sans pathologie qui augmente le risque, le ginkgo est bien toléré aux doses habituelles des compléments. Il pose problème surtout dans trois cas : une interaction médicamenteuse, en particulier avec un anticoagulant ou un antiagrégant ; une prise excessive ou prolongée sans réévaluation ; et les groupes pour lesquels les données de sécurité manquent.

Gardez aussi les attentes à leur place. Les preuves d'un bénéfice cognitif sont plus solides chez les personnes présentant un déclin cognitif que chez les adultes en bonne santé, et même dans ce cas les effets restent modestes.

Vous avez une maladie chronique, un traitement régulier, une grossesse ou un allaitement en cours, ou vous envisagez d'en donner à un enfant ? Parlez-en d'abord à un professionnel de santé. Vous décidez malgré tout d'essayer ? Restez à la dose de l'étiquette, observez ce que vous ressentez et réévaluez régulièrement. Le ginkgo n'est ni un poison ni une panacée : c'est un ingrédient aux effets réels, qui se prend avec de l'information.

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Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. Parlez à votre médecin ou à votre pharmacien avant de prendre un complément, surtout si vous prenez un traitement.

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